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030 Madame de La Fayette La Princesse de Clèves |
| Troisième partie (3) |
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M. de Nemours ne perdait pas une parole de
cette conversation ; et ce que venait de
dire madame de Clèves ne lui donnait guère
moins de jalousie qu’à son mari. Il était si
éperdûment amoureux d’elle, qu’il croyait
que tout le monde avait les mêmes
sentiments. Il était véritable aussi qu’il
avait plusieurs rivaux ; mais il s’en
imaginait encore davantage, et son esprit
s’égarait à chercher celui dont madame de
Clèves voulait parler. Il avait cru bien des
fois qu’il ne lui était pas désagréable, et
il avait fait ce jugement sur des choses qui
lui parurent si légères dans ce moment,
qu’il ne put s’imaginer qu’il eût donné une
passion qui devait être bien violente pour
avoir recours à un remède si extraordinaire.
Il était si transporté qu’il ne savait quasi
ce qu’il voyait, et il ne pouvait pardonner
à M. de Clèves de ne pas assez presser sa
femme de lui dire ce nom qu’elle lui
cachait. M. de Clèves faisait néanmoins tous ses efforts pour le savoir ; et, après qu’il l’en eut pressée inutilement : Il me semble, répondit-elle, que vous devez être content de ma sincérité ; ne m’en demandez pas davantage, et ne me donnez point lieu de me repentir de ce que je viens de faire : contentez-vous de l’assurance que je vous donne encore qu’aucune de mes actions n’a fait paraître mes sentiments, et que l’on ne m’a jamais rien dit dont j’aie pu m’offenser. Ah ! madame, reprit tout d’un coup M. de Clèves, je ne vous saurais croire. Je me souviens de l’embarras où vous fûtes le jour que votre portrait se perdit. Vous avez donné, madame, vous avez donné ce portrait qui m’était si cher, et qui m’appartenait si légitimement. Vous n’avez pu cacher vos sentiments ; vous aimez, on le sait ; votre vertu vous a, jusqu’ici, garantie du reste. Est-il possible, s’écria cette princesse, que vous puissiez penser qu’il y ait quelque déguisement dans un aveu comme le mien, qu’aucune raison ne m’obligeait à vous faire ! Fiez-vous à mes paroles : c’est par un assez grand prix que j’achète la confiance que je vous demande. Croyez, je vous en conjure, que je n’ai point donné mon portrait : il est vrai que je le vis prendre, mais je ne voulus pas faire paraître que je le voyais, de peur de m’exposer à me faire dire des choses que l’on ne m’a encore osé dire. Par où vous a-t-on donc fait voir qu’on vous aimait, reprit M. de Clèves, et quelles marques de passion vous a-t-on données ? Épargnez-moi la peine, répliqua-t-elle, de vous redire des détails qui me font honte à moi-même de les avoir remarqués, et qui ne m’ont que trop persuadée de ma faiblesse. Vous avez raison, madame, reprit-il, je suis injuste ; refusez-moi toutes les fois que je vous demanderai de pareilles choses ; mais ne vous offensez pourtant pas si je vous les demande. Dans ce moment, plusieurs de leurs gens, qui étaient demeurés dans les allées, vinrent avertir M. de Clèves, qu’un gentilhomme venait le chercher de la part du roi, pour lui ordonner de se trouver le soir à Paris. M. de Clèves fut contraint de s’en aller, et il ne put rien dire à sa femme, sinon qu’il la suppliait de venir le lendemain, et qu’il la conjurait de croire que, quoiqu’il fût affligé, il avait pour elle une tendresse et une estime dont elle devait être satisfaite. Lorsque ce prince fut parti, que madame de Clèves demeura seule, qu’elle regarda ce qu’elle venait de faire, elle en fut si épouvantée, qu’à peine put-elle s’imaginer que ce fût une vérité. Elle trouva qu’elle s’était ôté elle-même le cœur et l’estime de son mari, et qu’elle s’était creusé un abyme dont elle ne sortirait jamais. Elle se demandait pourquoi elle avait fait une chose si hasardeuse, et elle trouvait qu’elle s’y était engagée sans en avoir presque eu le dessein. La singularité d’un pareil aveu, dont elle ne trouvait point d’exemple, lui en faisait voir tout le péril. Mais, quand elle venait à penser que ce remède, quelque violent qu’il fût, était le seul qui la pouvait défendre contre M. de Nemours, elle trouvait qu’elle ne devait point se repentir, et qu’elle n’avait point trop hasardé. Elle passa toute la nuit, pleine d’incertitude, de trouble et de crainte : mais enfin le calme revint dans son esprit ; elle trouva même de la douceur à avoir donné ce témoignage de fidélité à un mari qui le méritait si bien, qui avait tant d’estime et tant d’amitié pour elle, et qui venait de lui en donner encore des marques par la manière dont il avait reçu ce qu’elle lui avait avoué. Cependant M. de Nemours était sorti du lieu où il avait entendu une conversation qui le touchait si sensiblement, et s’était enfoncé dans la forêt. Ce qu’avait dit madame de Clèves de son portrait lui avait redonné la vie, en lui faisant connaître que c’était lui qu’elle ne haïssait pas. Il s’abandonna d’abord à cette joie ; mais elle ne fut pas longue, quand il fit réflexion que la même chose qui lui venait d’apprendre qu’il avait touché le cœur de madame de Clèves, le devait persuader aussi qu’il n’en recevrait jamais nulle marque, et qu’il était impossible d’engager une personne qui avait recours à un remède si extraordinaire. Il sentit pourtant un plaisir sensible de l’avoir réduite à cette extrémité. Il trouva de la gloire à s’être fait aimer d’une femme si différente de toutes celles de son sexe : enfin, il se trouva cent fois heureux et malheureux tout ensemble. La nuit le surprit dans la forêt, et il eut beaucoup de peine à retrouver le chemin de chez madame de Mercœur. Il y arriva à la pointe du jour. Il fut assez embarrassé de rendre compte de ce qui l’avait retenu : il s’en démêla le mieux qu’il lui fut possible, et revint ce jour même à Paris avec le vidame. Ce prince était si rempli de sa passion, et si surpris de ce qu’il avait entendu, qu’il tomba dans une imprudence assez ordinaire, qui est de parler en termes généraux de ses sentiments particuliers, et de conter ses propres aventures sous des noms empruntés. En revenant, il tourna la conversation sur l’amour : il exagéra le plaisir d’être amoureux d’une personne digne d’être aimée ; il parla des effets bizarres de cette passion et enfin, ne pouvant renfermer en lui-même l’étonnement que lui donnait l’action de madame de Clèves, il la conta au vidame, sans lui nommer la personne, et sans lui dire qu’il y eût aucune part ; mais il la conta avec tant de chaleur et avec tant d’admiration, que le vidame soupçonna aisément que cette histoire regardait ce prince. Il le pressa extrêmement de le lui avouer : il lui dit qu’il connaissait depuis long-temps qu’il avait quelque passion violente, et qu’il y avait de l’injustice de se défier d’un homme qui lui avait confié le secret de sa vie. M. de Nemours était trop amoureux pour avouer son amour : il l’avait toujours caché au vidame, quoique ce fût l’homme de la cour qu’il aimât le mieux. Il lui répondit qu’un de ses amis lui avait conté cette aventure, et lui avait fait promettre de n’en point parler, et qu’il le conjurait aussi de garder ce secret. Le vidame l’assura qu’il n’en parlerait point : néanmoins M. de Nemours se repentit de lui en avoir tant appris. Cependant M. de Clèves était allé trouver le roi, le cœur pénétré d’une douleur mortelle. Jamais mari n’avait eu une passion si violente pour sa femme, et ne l’avait tant estimée. Ce qu’il venait d’apprendre ne lui ôtait pas l’estime ; mais elle lui en donnait d’une espèce différente de celle qu’il avait eue jusqu’alors. Ce qui l’occupait le plus, était l’envie de deviner celui qui avait su lui plaire. M. de Nemours lui vint d’abord dans l’esprit, comme ce qu’il y avait de plus aimable à la cour, et le chevalier de Guise, et le maréchal de Saint-André, comme deux hommes qui avaient pensé à lui plaire, et qui lui rendaient encore beaucoup de soins : de sorte qu’il s’arrêta à croire qu’il fallait que ce fût l’un des trois. Il arriva au Louvre, et le roi le mena dans son cabinet, pour lui dire qu’il l’avait choisi pour conduire Madame en Espagne ; qu’il avait cru que personne ne s’acquitterait mieux que lui de cette commission, et que personne aussi ne ferait tant d’honneur à la France que madame de Clèves. M. de Clèves reçut l’honneur de ce choix comme il le devait, et le regarda même comme une chose qui éloignerait sa femme de la cour, sans qu’il parût de changement dans sa conduite : néanmoins, le temps de ce départ était encore trop éloigné pour être un remède à l’embarras où il se trouvait. Il écrivit à l’heure même à madame de Clèves, pour lui apprendre ce que le roi venait de lui dire, et lui manda encore qu’il voulait absolument qu’elle revînt à Paris. Elle y revint comme il l’ordonnait, et lorsqu’ils se virent, ils se trouvèrent tous deux dans une tristesse extraordinaire. M. de Clèves lui parla comme le plus honnête homme du monde, et le plus digne de ce qu’elle avait fait. Je n’ai nulle inquiétude de votre conduite, lui dit-il ; vous avez plus de force et plus de vertu que vous ne pensez ; ce n’est point aussi la crainte de l’avenir qui m’afflige, je ne suis affligé que de vous voir pour un autre des sentiments que je n’ai pu vous donner. Je ne sais que vous répondre, lui dit-elle ; je meurs de honte en vous en parlant ; épargnez-moi, je vous en conjure, de si cruelles conversations ; réglez ma conduite, faites que je ne voie personne ; c’est tout ce que je vous demande ; mais trouvez bon que je ne vous parle plus d’une chose qui me fait paraître si peu digne de vous, et que je trouve si indigne de moi. Vous avez raison, madame, répliqua-t-il ; j’abuse de votre douceur et de votre confiance ; mais aussi ayez quelque compassion de l’état où vous m’avez mis, et songez que, quoi que vous m’ayez dit, vous me cachez un nom qui me donne une curiosité avec laquelle je ne saurais vivre. Je ne vous demande pourtant pas de la satisfaire ; mais je ne puis m’empêcher de vous dire que je crois que celui que je dois envier est le maréchal de Saint-André, le duc de Nemours, ou le chevalier de Guise. Je ne vous répondrai rien, lui dit-elle en rougissant, et je ne vous donnerai aucun lieu par mes réponses de diminuer ni de fortifier vos soupçons ; mais, si vous essayez de les éclaircir en m’observant, vous me donnerez un embarras qui paraîtra aux yeux de tout le monde. Au nom de Dieu, continua-t-elle, trouvez bon que, sur le prétexte de quelque maladie, je ne voie personne. Non, madame, répliqua-t-il, on démêlerait bientôt que ce serait une chose supposée ; et, de plus, je ne me veux fier qu’à vous-même ; c’est le chemin que mon cœur me conseille de prendre, et la raison me conseille aussi : de l’humeur dont vous êtes, en vous laissant votre liberté, je vous donne des bornes plus étroites que je ne pourrais vous en prescrire. M. de Clèves ne se trompait pas : la confiance qu’il témoignait à sa femme la fortifiait davantage contre M. de Nemours, et lui faisait prendre des résolutions plus austères qu’aucune contrainte n’aurait pu faire. Elle alla donc au Louvre et chez la reine dauphine à son ordinaire ; mais elle évitait la présence et les yeux de M. de Nemours, avec tant de soin, qu’elle lui ôta quasi toute la joie qu’il avait de se croire aimé d’elle. Il ne voyait rien dans ses actions qui ne lui persuadât le contraire. Il ne savait quasi si ce qu’il avait entendu n’était point un songe, tant il y trouvait peu de vraisemblance. La seule chose qui l’assurait qu’il ne s’était pas trompé, était l’extrême tristesse de madame de Clèves, quelque effort qu’elle fît pour la cacher : peut-être que des regards et des paroles obligeantes n’eussent pas tant augmenté l’amour de M. de Nemours que faisait cette conduite austère. Un soir que monsieur et madame de Clèves étaient chez la reine, quelqu’un dit que le bruit courait que le roi nommerait encore un grand seigneur de la cour, pour aller conduire Madame en Espagne. M. de Clèves avait les yeux sur sa femme, dans le temps que l’on ajouta que ce serait peut-être le chevalier de Guise ou le maréchal de Saint-André. Il remarqua qu’elle n’avait point été émue de ces deux noms, ni de la proposition qu’ils fissent ce voyage avec elle. Cela lui fit croire que pas un des deux n’était celui dont elle craignait la présence ; et, voulant s’éclaircir de ses soupçons, il entra dans le cabinet de la reine où était le roi. Après y avoir demeuré quelque temps, il revint auprès de sa femme, et lui dit tout bas, qu’il venait d’apprendre que ce serait M. de Nemours qui irait avec eux en Espagne. Le nom de M. de Nemours, et la pensée d’être exposée à le voir tous les jours pendant un long voyage, en présence de son mari, donna un tel trouble à madame de Clèves, qu’elle ne le put cacher ; et, voulant y donner d’autres raisons : C’est un choix bien désagréable pour vous, répondit-elle, que celui de ce prince : il partagera tous les honneurs, et il me semble que vous devriez essayer de faire choisir quelque autre. Ce n’est pas la gloire, madame, reprit M. de Clèves, qui vous fait appréhender que M. de Nemours ne vienne avec moi. Le chagrin que vous en avez vient d’une autre cause. Ce chagrin m’apprend ce que j’aurais appris d’une autre femme, par la joie qu’elle en aurait eue. Mais ne craignez point ; ce que je viens de vous dire n’est pas véritable, et je l’ai inventé pour m’assurer d’une chose que je ne croyais déjà que trop. Il sortit après ces paroles, ne voulant pas augmenter par sa présence l’extrême embarras où il voyait sa femme. M. de Nemours entra dans cet instant, et remarqua d’abord l’état où était madame de Clèves. Il s’approcha d’elle, et lui dit tout bas qu’il n’osait, par respect, lui demander ce qui la rendait plus rêveuse que de coutume. La voix de M. de Nemours la fit revenir, et, le regardant sans avoir entendu ce qu’il venait de lui dire, pleine de ses propres pensées et de la crainte que son mari ne le vît auprès d’elle : Au nom de Dieu, lui dit-elle, laissez-moi en repos. Hélas, madame, répondit-il, je ne vous y laisse que trop ! De quoi pouvez-vous vous plaindre ? Je n’ose vous parler ; je n’ose même vous regarder : je ne vous approche qu’en tremblant. Par où me suis-je attiré ce que vous venez de me dire ? et pourquoi me faites-vous paraître que j’ai quelque part au chagrin où je vous vois ? Madame de Clèves fut bien fâchée d’avoir donné lieu à M. de Nemours de s’expliquer plus clairement qu’il n’avait fait en toute sa vie. Elle le quitta, sans lui répondre, et s’en revint chez elle, l’esprit plus agité qu’elle ne l’avait jamais eu. Son mari s’aperçut aisément de l’augmentation de son embarras. Il vit qu’elle craignait qu’il ne lui parlât de ce qui s’était passé. Il la suivit dans un cabinet où elle était entrée : Ne m’évitez point, madame, lui dit-il, je ne vous dirai rien qui puisse vous déplaire. Je vous demande pardon de la surprise que je vous ai faite tantôt : j’en suis assez puni par ce que j’ai appris. M. de Nemours était de tous les hommes celui que je craignais le plus. Je vois le péril où vous êtes : ayez du pouvoir sur vous, pour l’amour de vous-même, et, s’il est possible, pour l’amour de moi. Je ne vous le demande point comme un mari, mais comme un homme dont vous faites tout le bonheur, et qui a pour vous une passion plus tendre et plus violente que celui que votre cœur lui préfère. M. de Clèves s’attendrit en prononçant ces dernières paroles, et eut peine à les achever. Sa femme en fut pénétrée, et, fondant en larmes, elle l’embrassa avec une tendresse et une douleur qui le mirent dans un état peu différent du sien. Ils demeurèrent quelque temps sans se rien dire, et se séparèrent sans avoir la force de se parler. Les préparatifs pour le mariage de Madame étaient achevés. Le duc d’Albe arriva pour l’épouser. Il fut reçu avec toute la magnificence et toutes les cérémonies qui se pouvaient faire dans une pareille occasion. Le roi envoya au-devant de lui le prince de Condé, les cardinaux de Lorraine et de Guise, les ducs de Lorraine, de Ferrare, d’Aumale, de Bouillon, de Guise et de Nemours. Ils avaient plusieurs gentilshommes, et grand nombre de pages vêtus de leurs livrées. Le roi attendit lui-même le duc d’Albe à la première porte du Louvre, avec les deux cents gentilshommes servants, et le connétable à leur tête. Lorsque ce duc fut proche du roi, il voulut lui embrasser les genoux ; mais le roi l’en empêcha, et le fit marcher à son côté jusque chez la reine et chez Madame, à qui le duc d’Albe apporta un présent magnifique de la part de son maître. Il alla ensuite chez madame Marguerite, sœur du roi, lui faire les compliments de M. de Savoie, et l’assurer qu’il arriverait dans peu de jours. L’on fit de grandes assemblées au Louvre, pour faire voir au duc d’Albe, et au prince d’Orange qui l’avait accompagné, les beautés de la cour. Madame de Clèves n’osa se dispenser de s’y trouver, quelque envie qu’elle en eût, par la crainte de déplaire à son mari, qui lui commanda absolument d’y aller. Ce qui l’y déterminait encore davantage, était l’absence de M. de Nemours. Il était allé au-devant de M. de Savoie ; et, après que ce prince fut arrivé, il fut obligé de se tenir presque toujours auprès de lui pour lui aider à toutes les choses qui regardaient les cérémonies de ses noces ; cela fit que madame de Clèves ne rencontra pas ce prince aussi souvent qu’elle avait accoutumé ; et elle s’en trouvait dans quelque sorte de repos. Le vidame de Chartres n’avait pas oublié la conversation qu’il avait eue avec M. de Nemours. Il lui était demeuré dans l’esprit que l’aventure que ce prince lui avait contée était la sienne propre, et il l’observait avec tant de soin, que peut-être aurait-il démêlé la vérité, sans que l’arrivée du duc d’Albe et celle de M. de Savoie firent un changement et une occupation dans la cour, qui l’empêcha de voir ce qui aurait pu l’éclairer. L’envie de s’éclaircir, ou plutôt la disposition naturelle que l’on a de conter tout ce que l’on sait à ce que l’on aime, fit qu’il redit à madame de Martigues l’action extraordinaire de cette personne qui avait avoué à son mari la passion qu’elle avait pour un autre. Il l’assura que M. de Nemours était celui qui avait inspiré cette violente passion, et il la conjura de lui aider à observer ce prince. Madame de Martigues fut bien aise d’apprendre ce que lui dit le vidame ; et la curiosité qu’elle avait toujours vue à madame la dauphine pour ce qui regardait M. de Nemours lui donnait encore plus d’envie de pénétrer cette aventure. |
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Madame de La Fayette La Princesse de Clèves |