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011 Livre Audio Molière Le Malade imaginaire |
PROLOGUE.Après les glorieuses fatigues et les exploits victorieux de notre auguste monarque, il est bien juste que tous ceux qui se mêlent d’écrire travaillent ou à ses louanges, ou à son divertissement. C’est ce qu’ici l’on a voulu faire ; et ce prologue est un essai des louanges de ce grand prince, qui donne entrée à la comédie du Malade imaginaire, dont le projet a été fait pour le délasser de ses nobles travaux. Le théâtre représente un lieu champêtre, et néanmoins fort agréable.
ÉCLOGUEEN MUSIQUE ET EN DANSE.Scène I.FLORE, DEUX ZÉPHYRS, dansants.
flore.
Quittez, quittez vos troupeaux ; Scène II.FLORE, DEUX ZÉPHYRS, dansants ; CLIMÈNE, DAPHNÉ, TIRCIS, DORILAS.
Berger, laissons là tes feux : Mais au moins, dis-moi, cruelle, tircis.
Si d’un peu d’amitié tu payeras mes vœux. dorilas.
Si tu seras sensible à mon ardeur fidèle. climène et daphné.
Voilà Flore qui nous appelle. tircis et dorilas.
Ce n’est qu’un mot, un mot, un seul mot que je veux. tircis.
Languirai-je toujours dans ma peine mortelle ? dorilas.
Puis-je espérer qu’un jour tu me rendras heureux ? climène et daphné.
Voilà Flore qui nous appelle. Scène III.FLORE ; DEUX ZÉPHYRS, dansants ; CLIMÈNE, DAPHNÉ, TIRCIS, DORILAS ; BERGERS ET BERGÈRES de la suite de Tircis et Dorilas, chantants et dansants.
PREMIÈRE ENTRÉE DE BALLET.
Toute la troupe des bergers et des bergères va se placer en cadence autour de Flore.
climène.
Quelle nouvelle parmi nous, daphné.
Nous brûlons d’apprendre de vous dorilas.
D’ardeur nous en soupirons tous. climène, daphné, tircis, dorilas.
Nous en mourons d’impatience. flore.
La voici ; silence, silence ! chœur.
Ah ! quelle douce nouvelle ! DEUXIÈME ENTRÉE DE BALLET.
Tous les bergers et bergères expriment, par des danses les transports de leur joie.
flore.
De vos flûtes bocagères chœur.
Formons, entre nous, flore.
Mon jeune amant, dans ce bois, climène.
Si Tircis a l’avantage, daphné.
Si Dorilas est vainqueur, climène.
À le chérir je m’engage. daphné.
Je me donne à son ardeur. tircis.
Ô trop chère espérance ! dorilas.
Ô mot plein de douceur ! tircis et dorilas.
Plus beau sujet, plus belle récompense Les violons jouent un air pour animer les deux bergers au combat, tandis que Flore, comme juge, va se placer au pied d’un arbre qui est au milieu du théâtre, avec deux Zéphyrs, et que le reste, comme spectateurs, va occuper les deux côtés de la scène. tircis.
Quand la neige fondue enfle un torrent fameux, TROISIÈME ENTRÉE DE BALLET.
Les bergers et bergères du côté de Tircis dansent autour de lui, sur une ritournelle, pour exprimer leurs applaudissements.
dorilas.
Le foudre menaçant qui perce avec fureur QUATRIÈME ENTRÉE DE BALLET.
Les bergers et bergères du côté de Dorilas font de même que les autres.
tircis.
Des fabuleux exploits que la Grèce a chantés Par un brillant amas de belles vérités CINQUIÈME ENTRÉE DE BALLET.
Les bergers et bergères du côté de Tircis font encore la même chose.
dorilas.
LOUIS fait à nos temps, par ses faits inouïs, SIXIÈME ENTRÉE DE BALLET.
Les bergers et bergères du côté de Dorilas font encore de même.
SEPTIÈME ENTRÉE DE BALLET.
Les bergers et bergères du côté de Tircis et de celui de Dorilas se mêlent et dansent ensemble.
Scène IV.FLORE, PAN ; DEUX ZÉPHYRS, dansants ; CLIMÈNE, DAPHNÉ ; TIRCIS, DORILAS ; FAUNES, dansants ; BERGERS ET BERGÈRES, chantants et dansants.
pan.
Laissez, laissez, bergers, ce dessein téméraire ; Il n’est point d’assez docte voix, chœur.
Laissons, laissons là sa gloire, flore, à Tircis et à Dorilas.
Bien que, pour étaler ses vertus immortelles, HUITIÈME ENTRÉE DE BALLET
Les deux Zéphyrs dansent avec deux couronnes de fleurs à la main, qu’ils viennent donner ensuite aux deux bergers.
climène et daphné, donnant la main à leurs amants.
Dans les choses grandes et belles, tircis et dorilas.
Ah ! que d’un doux succès notre audace est suivie ! flore et pan.
Ce qu’on fait pour LOUIS, on ne le perd jamais. climène, daphné, tircis, dorilas.
Au soin de ses plaisirs donnons-nous désormais. flore et pan.
Heureux, heureux qui peut lui consacrer sa vie ! chœur.
Joignons tous dans ces bois Ce jour nous y convie ; NEUVIÈME ENTRÉE DE BALLET.
Faunes, bergers et bergères, tous se mêlent, et il se fait entre eux des jeux de danse ; après quoi ils se vont préparer pour la comédie.
AUTRE PROLOGUE. Scène I.UNE BERGÈRE, chantante.
Votre plus haut savoir n’est que pure chimère, Le théâtre change et représente une chambre.
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Molière Le Malade imaginaire |